Quel Avenir pour les fonds Euros 2016?

Pourquoi les fonds euros baissent?

 

La rémunération moyenne des fonds en euros de l’assurance-vie baisse mais reste beaucoup plus attractive que celle du LivretA qui ne rapporte que 0.75% Net.

Cette tendance va se poursuivre, et autant vous le dire tout de suite: le fonds en Euros, dans sa forme la plus connue (le fonds en Euros dit « classique ») est condamné. Ni plus, ni moins.

Le rendement moyen des fonds en euros des contrats d’assurance-vie s’élève à 2,30% en 2015 selon la Fédération française des sociétés d’assurances (FFSA), et devrait passer en 2016 sous la barre des 2% d’après Cyrille Chartier-Kastler, fondateur du cabinet Fact & Figures.

 

Comment expliquer cette tendance : Baisse des rendements obligataires et Règlementation…

Quand vous versez 100 sur un fonds euros traditionnel, l’assureur va acheter en moyenne 80 d’obligations et 20 actifs diversifiés (actions, immobiliers, gestion alternative). Le rendement d’un fonds euros, est donc principalement lié au rendement des obligations.

Dans les années 90, les assureurs achetaient par exemple des obligations de l’Etat Français (OAT 10 ans) qui offraient un rendement de 10%/an, actuellement ils achètent ces mêmes obligations dont le rendement est passé sous la barre des 1% (OAT 10 ans à 0.41% actuellement).
Il n’est donc pas difficile de comprendre qu’il est impossible pour un assureur de maintenir des taux stables ou en hausse.

Afin d’amortir cette baisse, ils peuvent puiser chaque année dans les réserves (PPE*) qu’ils ont constituées les bonnes années, mais ces réserves s’amenuisent. Ils peuvent également compter sur de meilleures performances de la part diversifiée, mais cette part diversifiée risque également de fondre comme neige au soleil suite au changement de règlementation.

 

La réforme Sovabilité 2

En effet l’entrée en vigueur début 2016 de la nouvelle règlementation Européenne Solvabilité 2, vient de sonner le glas des rendements des fonds euros classiques !

L’objectif de cette règlementation est louable, puisqu’elle est destinée à renforcer la protection des avoirs des épargnants, en obligeant les assureurs à renforcer leurs fonds propres proportionnellement aux risques qu’ils prennent.

 

Exemples : A une obligation d’État correspondra une exigence en capital faible, car cette obligation est très peu risquée; a contrario, une action d’entreprise non cotée (PME), par nature plus risquée (risque de faillite de la PME), conduira à avoir une exigence en capital plus importante.

 

Conséquence : Pour pouvoir maintenir dans les fonds euros leur taux d’exposition aux actions, immobiliers… les assureurs vont devoir augmenter de façon colossale leurs fonds propres (très couteux), ou plus probablement réduire leur exposition aux risques, en se tournant vers des obligations d’Etats, moins rémunératrices mais moins couteuses en fonds propres. Ces mêmes obligations qui rapportent actuellement moins de 1% sur 10 ans !

 

Est-ce pour autant la fin des fonds euros ?

Non, il va falloir redéfinir concrètement leur rôle dans vos stratégies patrimoniales (horizon de placement, niveau de risque accepté, vos objectifs…).
Utiliser principalement les bons fonds euros qui existent encore sur le marché (Fonds Euros Immobilier, fonds euros dynamiques), complétés par d’autres classes d’actifs (Gestion alternatives, SCPI, Fonds Actions….).

Seule une étude détaillée de son patrimoine, permettra de définir quelle part réservée aux fonds euros. A l’époque ou tous les fonds euros rapportaient plus de 4% la question était moins sensible pour les épargnants.

 

Sébastien LABRIET, le 01/04/2016

Gérant SLP FInance

Vous pouvez nous contacter pour en discuter au 04 27 01 78 03 ou par mail contact@slpfinance.fr

 

*PPE :Provision pour participation aux excédents : Réserve de bénéfices non distribués aux souscripteurs d’une assurance vie et mis de côté pour être redistribués dans un délai maximal de 8 ans après leur constatation. Cette provision permet aux compagnies d’assurances de doper le rendement servi aux épargnants les mauvaises années. Rappelons que les assureurs sont tenus légalement de redistribuer au souscripteur d’un contrat d’assurance vie en euros au moins 85 % des bénéfices financiers (gains réalisés en plaçant l’épargne du titulaire du contrat) et 90 % des bénéfices techniques (résultant de la différence entre les frais prélevés par l’assureur et les frais réels).